La Presse en parle

La culture et l'art se rejoignent dans les haïkus

Vieux-Vy-sur-Couesnon - Publié le 21/07/2016 à 01:05


Le projet

Invitée de l'association La Culture de l'art, la poétesse ou Haïjine (qui écrit du haïku) Christiane Haen-Ranieri, était en visite dans la commune, la semaine dernière.

Le haïku est un genre littéraire japonais, marqué essentiellement par sa concision « peinture d'un moment fugitif ». Il en existe partout dans le monde, il est devenu « un genre à vocation planétaire ». Ce sont 17 syllabes en trois vers : cinq pour le premier, sept pour le deuxième, et cinq pour le troisième, c'est tout un art de les écrire. Il faut, en trois lignes, ressentir une situation, bonheur ou malheur.

Originaire de Wittenheim dans l'Alsace, passionnée d'écriture et de photographie, elle compose du haïku, une forme poétique d'origine japonaise, au gré des saisons et de ses inspirations, de ses voyages, de ses instants de vie. Elle est venue à la rencontre de Christine Greslé-Hardy, membre de l'association et spécialiste du braille, afin de lui faire transcrire ses haïkus, pour en faire profiter les aveugles aimant la poésie. Cela lui tient à coeur de pouvoir éditer ses recueils et les offrir à sa maman aveugle.

Une belle rencontre

Christiane Haen-Ranieri, encouragée par Minh-Triet Pham célèbre haïjine, jouit d'une renommée internationale, primée à plusieurs reprises, récemment en juillet, au concours international sur le climat, initié par le Cler (réseau pour la transition énergétique). Elle a reçu le 2e prix, sur une centaine de participants pour son haïku : « Envol d'un papillon/un aveugle me demande/la couleur du vent... » Ses écrits sont publiés dans les revues francophones telles que Gong et traduits en six langues.

C'est en faisant des recherches sur un réseau social, qu'un haïku a interpellé Christine Greslé-Hardy. Elle a donc établi une communication avec la haïjine, Christiane Haen-Ranieri.

S'en sont suivis des échanges fructueux, car les deux artistes sont devenues amies et ont préparé cette rencontre pour mettre au point le projet, « ce qui m'importe c'est que les recueils réalisés aillent dans la bibliothèque braille de l'AVH (Association Valentin Haüy), confie Christiane Haen. J'ai vécu dans le monde des aveugles, puisque mon père était aveugle de naissance, et ma mère malvoyante, je suis très heureuse d'avoir rencontré Christine, nous allons faire une équipe formidable. »